Reconstruire un système de consentement des cookies non conforme, sous contrainte de risque de contrôle

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TL;DR

Un gestionnaire de consentement gratuit déployé en 2018 ne répondait plus aux dernières exigences de la CNIL. Sur une plateforme que les organismes de contrôle français inspectent régulièrement, le risque était réel. La refonte a été menée seul, comme un chantier d’ingénierie, et six mois après le déploiement complet un contrôle CNIL réel n’a soulevé ni exigence ni problème.

Situation à mon arrivée

En 2018, lorsque la maison mère de Wengo a intégré le RGPD, elle a déployé le gestionnaire de consentement le plus avancé et le plus simple alors disponible, QuantCast, parce qu’il était gratuit. Ce déploiement est raconté comme une étude de cas à part ; il ne sert ici que de contexte.

J’étais Directeur Associé chez MyBestPro lorsque la refonte a démarré, en 2020. Le risque n’avait rien d’hypothétique. Wengo est le leader de la marketplace qui met en relation particuliers et professionnels, dans un secteur largement lié à la voyance et à l’astrologie, et les organismes de contrôle français l’inspectaient régulièrement : un constat aurait été retenu contre l’entreprise. C’est une situation nommée la gouvernance sous la contrainte.

Le raccourci avait alors viré à l’exposition, et personne n’avait cadré la correction :

  • Un outil gratuit en production, sans garantie.
  • Une position de marché qui rendait un contrôle probable, et non théorique.
  • Aucun budget, aucun choix de prestataire, aucun responsable.

Le diagnostic

Le symptôme s’énonçait simplement : le gestionnaire de consentement était obsolète. La cause réelle était autre. L’option la moins chère au moment de l’achat n’offrait aucune garantie de conformité ; l’exigence, elle, continuait de bouger, la doctrine de la CNIL se durcissant sans que l’outil gratuit suive. L’économie réalisée s’est transformée en coût.

La conformité est ici aussi une méthode durable, pas un document. Wengo exploite plusieurs sites localisés en huit langues : FR, ES, IT, NL, DE, PT, EN et TR. Un parcours de consentement conforme devait fonctionner sur ces versions linguistiques sans dégrader l’expérience des audiences situées hors du champ du RGPD.

Le plan d’actions

Deux réponses étaient envisageables. Rustiner ou ajuster l’outil en place a été écarté : il ne répondait plus aux exigences, donc le remplacer ne pouvait pas modifier l’exposition. Remplacer un outil gratuit par un autre a été écarté pour la raison même qui avait fait échouer le premier choix : aucune garantie, aucun support.

Le choix s’est porté sur un prestataire européen de gestion du consentement conçu pour cet usage, Consent Manager, retenu à partir d’un tableau comparatif construit sur des critères explicites : polyvalence, fonctionnalités, rapport qualité/prix et adaptabilité à l’écosystème multi-sites de Wengo. Le délégué à la protection des données (DPO) et la direction ont soutenu la décision ; une réunion a permis d’obtenir le prestataire et le budget. La négociation de la licence s’est faite directement avec le représentant France de l’éditeur, calibrée sur les besoins de la plateforme, avec une période d’essai et des droits Early Adopter étendus en France. La refonte a été menée en solo, en lien avec les équipes de développement et de marketing de chaque site localisé.

Mise en œuvre

Avant de remplacer quoi que ce soit, les obligations minimales publiées par la CNIL et la marge de manœuvre qu’elle laisse à l’éditeur d’un site ont été étudiées, puis des recommandations de politique cookies ont été faites au DPO et à la direction.

La refonte a ensuite reposé sur quatre éléments :

  • Documentation et paramétrage. Le tag JavaScript adapté a été implémenté et sa configuration documentée pour l’équipe de développement, avec les paramètres de Wengo.
  • Un paramétrage conçu pour durer. Ce qui pouvait être répliqué l’a été, et les popups de recueil du consentement ont été versionnés sur l’ensemble des écrans web, pour qu’une modification ne défasse pas une correction antérieure.
  • Traductions et déploiement. Chaque équipe marketing de site localisé a été coordonnée, puis QuantCast Choice a été remplacé par Consent Manager sur les sites.
  • Ajustements continus. Les statistiques de performance et d’usage ont été suivies, et des ajustements faits dans le temps via le même versionnement des popups.

Des difficultés réelles

Le problème de départ venait de la décision de 2018 : un choix subi à l’époque, avec des conséquences dans la durée aboutissant à un risque réel.

La friction opérationnelle, elle, se situait en surface. Un système conforme devait rester cohérent sur huit versions linguistiques, chaque traduction venant de l’équipe marketing d’un site différent, avec des popups versionnés pour qu’une modification ne régresse jamais une correction antérieure. S’y ajoutait la nécessité d’obtenir un prestataire et un budget que personne n’avait cadrés avant que le travail technique puisse commencer.

Résultat

Les sites ont atteint une conformité optimale, équilibrant les obligations européennes et françaises et la réduction de l’impact sur les audiences, en particulier hors du champ du RGPD. Puis la preuve : un contrôle CNIL réel, six mois après le déploiement complet, n’a soulevé ni exigence ni problème sur la méthode de recueil du consentement ni sur la politique cookies de Wengo. Ce type de mission fait partie du parcours présenté dans Qui suis-je ?.

Avec sa limite : Wengo a continué d’utiliser Consent Manager pendant toute ma présence, et l’outil a survécu à mon départ parce qu’un paramétrage de maintenance « set it and forget it » et une passation filmée ont été laissés en place. Qu’un système continue de fonctionner après le départ de celui qui l’a construit, c’est ce que visent des systèmes évolutifs.

Votre site est régulièrement contrôlé et votre outil de consentement n’offre plus aucune garantie de conformité ? Parlons-en.